DSI NumériqueDéploiementShadow IT & Shadow AI : un défi majeur pour la cybersécurité...

Shadow IT & Shadow AI : un défi majeur pour la cybersécurité et la gouvernance

À l’ère du tout-numérique, les entreprises font face à une double menace qui hante leurs départements IT et sécurité : celle du Shadow IT et celle, plus récente, du Shadow AI.Avec la prolifération des services SaaS, souvent accessibles en freemium, les employés adoptent spontanément des outils sans l’aval de l’IT, créant un écosystème parallèle.  Convertisseurs de PDF comme iLovePDF, plateformes de partage de fichiers comme WeTransfer, ou encore solutions no-code telles que Bubble ou Zapier : autant d’exemples qui permettent d’aller vite… mais en échappant totalement aux contrôles de sécurité.

Côté Shadow AI, une nouvelle frontière s’ouvre. Des outils comme ChatGPT ou DeepSeek deviennent les confidents involontaires des employés, qui y déposent des documents internes pour les traduire, les résumer ou en extraire des informations. Des solutions comme Fireflies, qui enregistre et analyse les réunions, ou des agents IA connectés à divers services, ajoutent une couche supplémentaire à cette dispersion non maîtrisée des données.

Un cauchemar de gouvernance et de souveraineté

Ces pratiques ne sont pas de simples commodités. Elles posent la question cruciale de la souveraineté numérique. Lorsqu’un collaborateur utilise une solution SaaS ou IA hébergée en dehors du périmètre maîtrisé de l’entreprise – et parfois hors d’Europe – il expose malgré lui des données sensibles à des juridictions étrangères et à des usages non désirés. Pour les DSI et RSSI, cela devient un véritable casse-tête de gouvernance : comment garantir la confidentialité, la traçabilité et la conformité dans un univers où chacun peut introduire ses propres outils ?

La réglementation s’invite dans l’équation

Face à ce défi, l’Europe a renforcé son arsenal réglementaire. Trois textes structurants s’imposent désormais aux entreprises :

  • DORA (Digital Operational Resilience Act) : il exige des institutions financières qu’elles démontrent leur résilience opérationnelle face aux risques numériques, y compris ceux liés aux prestataires tiers.
  • NIS 2 (Network and Information Security Directive) : elle étend considérablement le périmètre des organisations soumises à des obligations de cybersécurité, et impose une gestion rigoureuse des risques liés aux fournisseurs et aux services non maîtrisés.
  • AI Act : première réglementation mondiale sur l’intelligence artificielle, elle introduit une approche par niveaux de risques, avec des obligations strictes pour les IA utilisées en entreprise.

Ces textes ne doivent pas être vus comme des contraintes punitives, mais comme de véritables leviers de gouvernance. Ils incitent les entreprises à cartographier leurs usages, à auditer leurs outils et à mieux encadrer l’innovation.

Sensibiliser plutôt que réprimer

Le combat contre le Shadow IT et le Shadow AI ne peut pas se réduire à des interdictions. La clé reste humaine : sensibiliser, accompagner et responsabiliser chaque collaborateur. Derrière chaque téléchargement d’application ou chaque prompt saisi dans un chatbot, il y a une logique positive : gagner du temps, simplifier son travail, innover. Plutôt que de freiner ces dynamiques, il s’agit de les canaliser. Des solutions qui allient visibilité, contrôle et pédagogie, permettent de transformer le chaos en opportunité maîtrisée. Mais surtout, elles ouvrent un dialogue entre métiers et DSI, indispensable pour aligner innovation, conformité et sécurité.

Du cauchemar au pilotage maîtrisé

Le Shadow IT et le Shadow AI ne disparaîtront pas. Ils sont le reflet de la créativité des collaborateurs et de leur besoin d’efficacité. Pour les DSI et RSSI, l’enjeu n’est pas de les éradiquer, mais de reprendre la main : par la gouvernance, par la sensibilisation et par l’anticipation réglementaire. Le cauchemar peut devenir une opportunité : celle de bâtir une culture numérique où chaque employé est non seulement utilisateur, mais aussi acteur de la sécurité et de la souveraineté de l’entreprise.

Par Tanguy DUTHION, CEO de Avanoo

Articles récents

Cela pourrait aussi vous interesser
Innovations

HID dévoile Signo Décor, un lecteur de contrôle d’accès pensé pour l’architecture

HID annonce le lancement de HID Signo Décor, un nouveau...

Données industrielles : pourquoi le contexte devient aussi important que la collecte

Dans une usine, deux valeurs de « 34 »...

Choisir son hébergeur : souveraineté, cybersécurité et performance au premier plan

Par Peggy Demaison chez AlphalinkLe choix d’un hébergement est...

NUMERYX réunit leasing et infogérance dans une offre globale de gestion du parc IT

Une offre globale pour financer, déployer, sécuriser et gérer...

Santé : rattraper le retard dans la gouvernance des identités numériques

Les établissements de santé sont parmi les organisations les...

Datacenters : le MCO au cœur de la performance et de la continuité de service

Par Fréderic CHIAPPARA chez CleansoftLes professionnels de l'hébergement occupent une place...

SAP S/4HANA : accompagner les utilisateurs pour réussir la migration

Par Toan NGUYEN, Président de Shortways La migration vers SAP...

Mercury S4 : une nouvelle génération de modules pour moderniser le contrôle d’accès

Cette nouvelle génération de modules permet d’augmenter la capacité...

Paiements internationaux : de la protection à la preuve de cybersécurité

Par Olivier Patole, CEO de TRUSTABLE La cybersécurité des paiements...

VMware : quelles options pour les entreprises face aux nouvelles règles du jeu ?

Par Samuel Pollet, Responsable Solutions chez NXOLe rachat de...

Formation IT : Provectio enrichit son catalogue avec de nouveaux cursus

L'ESN Provectio franchit une nouvelle étape dans le développement...

Attaques DDoS : les nouvelles pratiques des CISO face à une menace en mutation

Longtemps cantonné à un sujet réseau et de continuité,...